Test Razer Tartarus V2 Pro
Les keypads gaming restent encore assez rares sur le marché et Razer fait partie des marques qui proposent ce type de périphérique depuis plusieurs années avec sa gamme Tartarus.
Pour cette nouvelle génération, le spécialiste revoit en profondeur son concept avec un design retravaillé, mais surtout l’arrivée d’un véritable joystick TMR en remplacement du D-Pad de la précédente génération. Le modèle profite également de nouveaux switches analogiques optiques.

Sur le papier, ce Razer Tartarus V2 Pro semble donc avoir tout pour devenir le compagnon idéal des joueurs souhaitant combiner la précision d’une visée à la souris tout en bénéficiant du confort d’un joystick pour leurs déplacements.
Mais entre une ergonomie qui demande toujours un certain temps d’adaptation et quelques choix assez surprenants de la part de Razer, ce nouveau Tartarus est-il réellement une bonne évolution ?
Proposé au tarif MSRP de 219 €, le Tartarus V2 Pro représente également un sacré investissement et mieux vaut donc être au clair sur son fonctionnement avant de passer à la caisse.
Unboxing
Le keypad de Razer est livré dans une boite cartonnée reprenant les tons habituels de la marque. On y découvre quelques visuels et les principaux points clés du produit.

A l’intérieur, le Tartarus V2 Pro s’accompagne des éléments suivants :
- Un câble tressé USB-C vers USB-A de x m
- Deux capuchons de joysticks additionnels
- Un manuel d’utilisation et des stickers Razer
Design et Ergonomie
Le Tartarus V2 Pro présente un format à peu près équivalent au tiers d’un clavier complet. Il est uniquement proposé dans une version pensée pour les joueurs droitiers, dans des tons noirs.
Finitions générales
Le keypad s’appuie sur un châssis en plastique affichant des finitions très correctes. L’ensemble se montre bien solide malgré l’absence d’une plaque supérieure en aluminium, comme on en retrouve généralement sur les claviers Razer présentant un format plus traditionnel.

Le module est séparé en trois grandes parties, avec un pavé de 27 touches en partie haute, un joystick et trois boutons sur la droite et enfin un repose poignet ajustable en partie basse.
La molette qui était présente sur les anciennes générations du Tartarus n’est plus de la partie, tout comme la touche supplémentaire positionnée en dessous du joystick. Nous y reviendrons un peu plus bas.

A l’arrière, la base du Tartarus est recouverte d’un revêtement texturé en gomme améliorant son adhérence. Une fois posé sur un bureau ou un tapis de souris, le périphérique reste bien en place.
Réglages ergonomiques et support
Pour cette nouvelle version, Razer retravaille le repose-poignet fixé en partie basse du Tartarus. Si l’ancien modèle s’appuyait sur un support amovible pouvant être repositionné afin de pouvoir plus ou moins le rapprocher des touches, cette V2 Pro opte pour une conception un peu plus avancée.
Il n’est plus ici possible de retirer le support, mais deux boutons latéraux permettent désormais de plus ou moins avancer le support, de le déplacer latéralement ou encore de le faire pivoter vers la droite ou la gauche.

Si ce nouveau système devrait en théorie permettre de mieux adapter le keypad à différents utilisateurs, la marque aurait pu aller un peu plus loin en proposant différentes formes de support, avec notamment une courbe plus ou moins prononcée.
Le support en lui-même est conçu en plastique, avec un revêtement légèrement texturé à l’aspect similicuir. Le rembourrage que l’on trouvait à la base du support sur l’ancienne version est abandonné sur cette V2.
27 touches au bout des doigts
La partie supérieure du keypad est complètement retravaillée sur cette seconde génération et Razer voit ici les choses en grand. Pour cette V2, le Tartarus embarque désormais 27 touches, contre « seulement » 20 sur la précédente version.

Le format des touches est également revu, avec une première colonne présentant des commandes un peu plus larges, similaires à celles que l’on pourrait retrouver sur un clavier traditionnel (Tab, MAJ etc…).
Cette conception permet de plus facilement prendre en mains le keypad pour les néophytes, même si l’agencement en colonnes des différentes touches demande toujours un certain temps d’adaptation lorsque l’on est habitué au layout d’un clavier standard.
L’ajout de touches supplémentaires par rapport au Tartarus Pro pourra être un plus pour certains utilisateurs, mais en pratique, on se rend rapidement compte qu’il sera difficile d’atteindre l’ensemble des commandes sans devoir repositionner sa main sur le keypad.

En avançant le support au maximum, la dernière ligne de touches devient difficilement accessible. A l’inverse, si l’on recule trop le repose-paume, la ligne supérieure est bien trop éloignée.
Autre différence de taille par rapport au Tartarus Pro : la touche 20 qui était originalement placée sous le joystick et pouvant facilement être actionnée depuis le pouce pour faire office de barre Espace est ici supprimée. Un choix assez étrange de la part de Razer, qui affecte maintenant cette action sur la touche 27, en bas à droite du pavé.
La bonne solution aurait été de laisser cette touche déportée sous le joystick, avec éventuellement la possibilité de la détacher pour les joueurs n’en ayant pas forcément besoin.

Les touches en elles-mêmes sont conçues en PBT double-shot, avec une texture proche de celle que l’on retrouve sur les autres claviers de la marque. Un bon point en termes de durabilité, mais notez que leur format spécifique limitera ici les possibilités de personnalisation avec d’autres keycaps.
Enfin un vrai joystick !
Sur la droite du Tartarus V2 Pro, l’ancien D-Pad est désormais remplacé par un réel joystick analogique avec capteur TMR.
Comme sur les manettes de la marque, il est possible de remplacer les embouts de ce dernier et deux modèles additionnels sont livrés dans la boite : un premier avec une tige allongée et un second en forme de dôme.

L’ajout d’un véritable joystick est l’une des principales nouveautés de cette V2, offrant en théorie un accès à des contrôles bien plus précis pour les mouvements en jeu. Le gros problème, et l’on y reviendra en détails un peu plus bas, est que ce joystick se comporte par défaut comme le joystick droit d’une manette (celui servant à la visée) plutôt que le joystick gauche !
Notez également qu’il reste possible d’utiliser le joystick TMR à la manière d’un D-Pad « virtuel » à 4 ou 8 directions depuis le logiciel Razer Synapse. Si l’option a le mérite d’être présente, cela reste évidemment moins précis et il aurait pu être intéressant de disposer ici d’une conception modulaire permettant d’alterner entre joystick ou D-Pad.

A droite du joystick, on retrouve enfin les trois derniers boutons du Tartarus V2 Pro. Le plus large est équipé d’un micro-switch rappelant le clic d’un bouton de souris alors que les deux autres présentent une activation plus classique.
Par défaut, ces trois boutons permettent respectivement d’activer un mapping alternatif des touches (via la fonctionnalité HyperShift), de passer d’un mapping à l’autre et enfin de naviguer sur ses différents profils. Il est évidemment possible de remapper ces actions depuis Razer Synapse, par exemple pour affecter la touche Espace sur le plus gros des trois boutons afin de retrouver un accès plus confortable à cette action depuis le pouce.

Pour s’y retrouver parmi ses mappings et profils, un petit écran LED positionné sur la droite du châssis présente différents indicateurs colorés selon la configuration active.
Connectique
Le Tartarus V2 Pro fonctionne uniquement en filaire, via un connecteur USB-C positionné sur sa tranche arrière. Notons d’ailleurs ici que le connecteur est positionné à l’intérieur du châssis, pouvant limiter sa compatibilité avec d’autres câbles.
Le câble livré dans la boite mesure 2 m, ce qui devrait lui permettre de s’adapter à la plupart des setups et notamment des bureaux gaming les plus longs à l’image de notre Secretlab Magnus Evo.
Pour cette version Pro et surtout au tarif affiché, l’ajout d’une compatibilité sans-fil 2.4 GHz n’aurait clairement pas été un luxe. Le keypad aurait gagné en confort mais aussi en praticité, le périphérique ne venant pas remplacer totalement un véritable clavier et n’étant donc pas forcément voué à rester en permanence sur un bureau.
Logiciel Razer Synapse
A la différence du Razer Huntsman V3 HE TKL que l’on testait récemment, le Tartarus V2 Pro n’est pas compatible avec Razer Synapse Web, le nouvel outil de la marque directement accessible via un navigateur web.
Pour configurer le keypad il sera donc nécessaire d’installer Razer Synapse sur votre machine, avec les redémarrages de PC qui l’accompagne lors de certaines mises à jour.
On se demande réellement ce qui prend autant de temps du côté des marques les plus populaires (Logitech, SteelSeries, Corsair…) pour accompagner leurs nouveaux produits d’outils web performants.
Avant de rentrer en détails sur les différents réglages disponibles, petit point concernant la gestion des profils. Depuis Synapse, il est possible de créer différents profils, pouvant automatiquement être affectés à un jeu ou une application.

Sur chaque profil, il est ensuite possible de mettre en place jusqu’à 8 configurations différentes, chacune disposant d’un mapping personnalisé ou de réglages spécifiques concernant l’activation des touches.
De quoi profiter d’une infinité de raccourcis et transformer le Tartarus V2 Pro en un véritable centre de commandes, un peu à l’image d’un Elgato Stream Deck. Il aurait d’ailleurs pu être intéressant de pouvoir afficher à l’écran une vue virtuelle de ses commandes pour s’y retrouver plus facilement parmi les nombreux boutons du keypad.
Enfin, notez qu’il est possible d’enregistrer jusqu’à 4 profils dans la mémoire interne du clavier afin de continuer à profiter de ses réglages même si Razer Synapse n’est pas lancé. Notez cependant que certaines fonctionnalités restent uniquement disponibles si Synapse est actif, notamment du côté du joystick.
Mapping des boutons
Depuis l’onglet « Personnaliser », on retrouve un schéma du Tartarus V2 Pro nous permettant de modifier le mapping de ses différents boutons. Il est aussi possible de faire apparaître sur la gauche une vue globale des commandes en place sur le mapping actuel.
Razer propose de nombreuses catégories d’actions, que ce soit des fonctions de la souris, du clavier ou encore des commandes de manettes. On retrouve aussi des commandes pour gérer ses médias, lancer des applications, changer de profil ou de mapping ou encore ajuster des options d’autres périphériques de la marque.

Il y a clairement de quoi faire, même si l’on reste évidemment un bon cran en dessous de ce que propose Elgato via ses nombreux plugins accessibles depuis sa propre Marketplace.
Comme la plupart des autres périphériques Razer, le Tartarus V2 Pro est aussi compatible avec la fonctionnalité HyperShift permettant d’accéder à un mapping alternatif quand le mode est actif (par défaut via le gros bouton placé à côté du joystick).
Il n’est pas possible de verrouiller certaines commandes de manière à les répéter automatiquement sur chacun des mapping. Actuellement, si l’on veut utiliser deux boutons spécifiques pour naviguer d’un mapping à l’autre, il faudra réattribuer ces deux actions sur chacun des mappings. Pas forcément très pratique !
Joystick
Toujours sur le même onglet, on retrouve aussi les options liées au joystick du Razer Tartarus V2 Pro. Il est notamment possible de sélectionner le mode de fonctionnement, entre analogique, croix à 4 directions et croix à 8 directions.
Pour le reste, les options sont plutôt limitées par rapport à ce que l’on retrouve sur les manettes de Razer comme les Wolverine V3 Pro et Raiju V3 Pro. Il n’est pas possible de régler les zones mortes du stick, sa courbe de réponse ni son mode de circularité par exemple.

Beaucoup plus gênant, il manque cruellement d’une option permettant de sélectionner quel stick d’une manette il est censé remplacer. Par défaut, le stick du Tartarus V2 Pro se comporte en effet comme le stick droit d’un contrôleur, ce qui est assez déconcernant !
On imagine que la plupart des joueurs s’orientant vers ce type de produit recherchent justement à profiter de la fluidité d’un joystick pour leurs déplacements plutôt que pour contrôler leur caméra. Ici, il n’est pour le moment pas possible de modifier ce comportement mais l’on verra un peu plus bas qu’il reste possible de contourner cette problématique.
Options supplémentaires
Pour terminer avec ce premier onglet « Personnaliser », on retrouve quelques options additionnelles, comme la gestion du polling-rate jusqu’à 8000 Hz, un mapping automatique de WASD reprenant le comportement du joystick ou encore des réglages concernant le comportement du clavier quand on utilise le joystick.

Activation des touches
Depuis l’onglet « Activation des touches », on retrouve toutes les options liées aux switches analogiques de Razer.
C’est depuis cette page que l’on pourra notamment personnaliser la distance d’activation des touches (entre 0.1 mm et 4.0 mm), activer le mode Rapid Trigger ou encore profiter des différentes options de SOCD et autres Snap Flex.

Les options sont globalement les mêmes que sur les récents claviers analogiques de la marque et permettent évidemment de profiter d’une excellente réactivité.
Eclairages
Un dernier onglet « Eclairage » permet de modifier les éclairages RGB du keypad. Là-encore, c’est du classique avec différents effets disponibles pour personnaliser le rendu lumineux du clavier ou encore ajuster l’intensité.
Performances
Comme les meilleurs claviers de la marque, le Tartarus V2 Pro est équipé des switches Razer optiques analogiques de 2ème génération.
Sur le marché des keypads, les modèles analogiques sont encore rares et Razer continue donc d’appuyer son avance face à la concurrence. Avec leur distance d’activation ajustable à partir de 0.1 mm et le mode Rapid Trigger, on profite ici d’une excellente réactivité face aux modèles mécaniques ou à membrane.

Les interrupteurs de Razer ont également la particularité d’être tous équipés d’un système de stabilisation, limitant ainsi le wobble lors de la frappe.
Il ne semble par contre pas possible de les retirer et donc de venir éventuellement les remplacer. Le PCB n’est de toutes façons pas compatible avec des switches analogiques de types Hall-Effect ou TMR, ce qui en soi aurait pu être intéressant pour les joueurs souhaitant un peu plus personnaliser leur expérience de frappe.
Le Tartarus V2 Pro à l’utilisation
Le format keypad du Tartarus V2 Pro peut répondre à plusieurs usages et s’adapter aux différents usages et aux besoins de chacun.
Avant de rentrer plus en détails, un point important à souligner concernant le comportement du keypad en jeu. Sur PC, le Tartarus V2 Pro est reconnu comme une manette et cela peut impacter l’affichage de ATH à l’écran, ce dernier passant en affichage « Manette » quand une touche ou le joystick dispose d’une action de manette puis repassant en affichage « Clavier/Souris » dès qu’une autre action liée à ces périphériques est activée.
Un clavier compact et ergonomique
Pour certains, un keypad tel que le Tartarus pourra tout simplement venir remplacer un clavier lors d’une utilisation orientée gaming.
Sur des jeux ne nécessitant pas d’écrire du texte, les 31 commandes du clavier associées aux différents mapping permettent d’accéder à toutes ses actions tout en dégageant énormément d’espace sur un bureau.

Face à un clavier traditionnel, l’utilisation d’un keypad demande cependant un peu plus de préparatifs avec bien souvent un passage obligatoire vers le remapping des différentes commandes pour s’adapter parfaitement à ses différents jeux.
Une fois en place et après avoir pris l’habitude de cette ergonomie retravaillée, l’expérience se montre plutôt convaincante et l’on profite en prime de l’excellente réactivité des switches analogiques de Razer.
Comme expliqué un peu plus tôt, on se rend néanmoins rapidement compte qu’il sera en pratique assez compliqué d’accéder à la totalité des touches du Tartarus V2 Pro sans une certaine gymnastique au niveau des doigts.
Autre point important à prendre en compte : la position de la barre Espace. Sur les anciennes versions, une touche dédiée positionnée sous le joystick venait naturellement se placer au niveau du pouce. Sur cette V2 Pro, elle n’est plus disponible et la touche Espace est par défaut affectée au bouton 27, un peu plus large que les autres.
A l’utilisation, la position de cette touche Espace est beaucoup moins accessible via le pouce et demande plutôt à être actionnée via l’index. Pas forcément l’idéal si l’on souhaite garder le doigt sur les touches attribuées à ZQSD. Pour pallier à cet éventuel problème, il est possible d’attribuer l’action Espace à une autre touche, comme le plus gros bouton situé à côté du joystick par exemple, ou pourquoi pas directement sur l’une des directions du joystick.
A mi-chemin entre manette et clavier/souris
L’un des principaux avantages du Tartarus V2 Pro face à ses concurrents réside dans la présence de ce joystick positionné sur la droite du keypad. Si les anciennes versions proposaient déjà une option assez proche, il s’agissait en réalité plutôt d’un D-Pad que d’un réel stick analogique.
Pour de nombreux joueurs, le passage vers un véritable joystick sonne comme une aubaine, permettant en théorie de l’utiliser pour ses déplacements plutôt que de passer par les touches ZQSD de son clavier. On pourrait alors profiter de la précision d’un stick pour ses mouvements tout en bénéficiant des avantages de la visée à la souris avec sa main droite.
Le GROS problème et comme expliqué un peu plus tôt, c’est que ce joystick contrôle en réalité les mouvements de la caméra plutôt que ses déplacements. Un choix très étrange de la part de Razer, éliminant sur le papier tous les bénéfices que l’on pourrait attendre d’un tel produit.
En attendant une éventuelle mise à jour du firmware laissant le choix concernant le comportement du stick analogique, il reste heureusement possible de corriger ce point noir dans la plupart des cas. Sur les jeux le proposant, comme DOOM Eternal par exemple, il est possible d’opter pour une configuration « Southpaw » depuis les options afin d’inverser les deux sticks et donc contrôler son personnage depuis avec le stick du Tartarus.

Sur les jeux ne proposant pas cette option, il faudra ajouter votre jeu sur Steam (s’il ne s’agit pas d’un jeu déjà acheté sur la plateforme) puis de passer par les options de Steam Input afin d’attribuer le joystick gauche au joystick droit. Testé sur Cyberpunk 2077, l’option fonctionne parfaitement et permet là-encore de profiter de la précision et de la granularité d’un joystick pour contrôler les mouvements de V.
Si ces étapes permettent de corriger ce premier problème, un second apparaît assez rapidement une fois le pouce posé sur le joystick. L’angle du stick est différent de celui d’un modèle présent sur une manette et si la logique voudrait que l’on déplace son pouce vers l’avant pour avancer tout droit, il faut ici décaler le pouce vers la gauche !
A l’utilisation, il est à nouveau assez étonnant de ne pas trouver une option dans Synapse permettant de modifier virtuellement l’angle de ce joystick afin de s’adapter aux préférences de chacun. De notre côté, nous avons eu bien du mal à réellement nous sentir aussi à notre aise que sur le joystick des meilleures manettes PC. Une contrainte qui demande encore un peu plus de mémoire musculaire, en parallèle de celle nécessaire au positionnement de ses autres doigts.
En l’état et pour les joueurs qui souhaitaient s’orienter vers ce Tartarus V2 Pro pour cet usage, notamment sur des FPS, difficile d’être pleinement satisfait des réponses ici proposées.
Gagner en productivité
Avec ses nombreux boutons et ses options permettant de facilement passer d’un mapping à l’autre, le Razer Tartarus V2 Pro peut également être intéressant pour les utilisateurs à la recherche d’un macro-pad en complément de leur clavier.
Dans une option plutôt orientée productivité que gaming, il devient possible d’attribuer des tonnes de raccourcis et macros pour piloter plus facilement ses logiciels, d’Excel à Photoshop en passant par son logiciel de montage vidéo favori. L’outil peut également être intéressant pour les streamers, permettant d’utiliser le keypad à la manière d’un Elgato Stream Deck pour piloter OBS ou StreamLabs.

Si l’on y gagne côté confort et réactivité face aux touches d’un Stream Deck, on y perd cependant côté praticité et fonctionnalités. L’absence d’un écran nous oblige ici à garder en mémoire les commandes attribuées à chaque touche et il est facile de s’emmêler les pinceaux selon le nombre de raccourcis en place.
Les actions disponibles depuis Razer Synapse sont également bien moins complètes que celles que l’on pourrait retrouver aux côtés d’un Stream Deck. Les contrôleurs d’Elgato s’accompagnent en effet de nombreux plugins spécifiques à certains outils et dans l’ensemble les commandes disponibles sont bien plus nombreuses.
S’il ne s’agit évidemment pas de la cible principale de ce Razer Tartarus V2 Pro, la marque aurait pu profiter de son rachat de Loopdeck pour mettre en place une intégration plus complète et faire gagner en polyvalence à son keypad.
Conclusion
Razer avait toutes les cartes en main pour faire du Tartarus V2 Pro un excellent keypad, mais le bilan est finalement assez mitigé.
Si vous cherchez avant tout un keypad compact, avec énormément de possibilités de remapping et des switches analogiques particulièrement réactifs, difficile de lui reprocher grand-chose.
En revanche, si votre objectif principal est de profiter du joystick pour remplacer les déplacements au clavier, la situation est beaucoup moins évidente. Entre son comportement par défaut, qui privilégie la visée plutôt que les déplacements, son orientation particulière et le manque de réglages dans Synapse, il faudra accepter quelques compromis et parfois passer par des solutions de contournement.
En l’état, difficile donc de le recommander les yeux fermés, surtout à son tarif MSRP de 219 €. Avec quelques mises à jour logicielles de la part de Razer, le Tartarus V2 Pro pourrait cependant devenir bien plus intéressant et pourquoi pas s’imposer comme LA référence du secteur.